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Boxstarter : Comment standardiser et simplifier la configuration d’un poste de développement

Publié par David Beaumier le mercredi 7 octobre 2015 à 15:48

J’ai récemment décidé de me configure une nouvelle machine de développement afin de tirer profit de VS 2015 et de Windows 10. Comme à mon habitude, j’ai décidé d’y aller avec une machine virtuelle.

Je dois dire qu’un aspect qui me rebute chaque fois que je dois monter un poste de développement, c’est le processus d’installation de tous les outils dont j’ai besoin. Ça prend du temps et il y a beaucoup d’étapes manuelles. En plus on doit attendre que chaque installation se termine pour lancer la suivante. Je me suis dit qu’il devait exister une approche plus efficace  de s’y prendre.

C’est alors que j’ai découvert Boxstarter. Il s’agit d’un outil qui permet d’automatiser l’installation de logiciels sur la plateforme Windows en tirant profit des paquetages Chocolatey. Donc, au lieu de suivre une liste de ce que vous voulez installer sur votre machine, il vous suffit de construire un script qui contiendra les commandes d’installation à exécuter, à le lancer et à attendre que ce soit terminé.

Par exemple, le script ci-dessous effectue l’installation de VS 2015 et de certaines extensions.

#Installer VS2015
cinst visualstudio2015community

# Installer les extensions
cinst ncrunch-vs2015
cinst resharper # just R#, not the platform

# Installer les autres utilitaires
cinst NugetPackageExplorer

On peut aussi utiliser Bostarter pour configurer plusieurs aspects de Windows. En voici un exemple simple, mais comme Boxstarter s'appuie sur PowerShell vous pouvez aller assez loin.

#region Configuration initiale de Windows
 
    Update-ExecutionPolicy Unrestricted
    Set-WindowsExplorerOptions -EnableShowFileExtensions
 
#endregion

#region Ajout de fonctions additionnelles
    cinst IIS-WebServerRole -source windowsfeatures
    cinst TelnetClient -source windowsFeatures
#endregion

Un des gros avantages de Boxstarter par rapport à utiliser directement Chocolatey, c’est qu’il va prendre en charge toutes les étapes d’un script, y incluant les redémarrages qui pourraient s’avérer nécessaires en cours de route.

En séparant votre processus de configuration d’un poste de développement en plusieurs scripts, allant du plus général au plus spécifique, il devient possible d’uniformiser les postes tout en n’installant ce qui est nécessaire. Par exemple, on pourrait définir un script pour configurer Windows et les services que vous utilisez habituellement (tel que IIS et MSMQ, par exemple), un autre pour Visual Studio et encore un autre pour les outils SQL Server. Chacun exécute simplement les scripts dont il a besoin en fonction de son travail.

Je ne dirais pas que l’outil est parfait encore. Il y a de petits irritants et parfois les messages d’erreurs sont un peu difficiles à décortiquer. Heureusement la communauté Boxstarter et son leader Matt Wrock sont assez rapides à vous aider, si nécessaire. De nouvelles versions sont aussi livrées sur une base régulière. Chose certaine, je trouve que cet outil peut vous permettre de réduire le temps relié à l’installation et à la configuration tout en vous aidant à standardiser vos postes de développement.

Je vous invite à regarder le vidéo ci-dessous pour voir Boxstarter en action.

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Démystifier les rôles Scrum

Publié par David Beaumier le lundi 7 septembre 2015 à 15:48

L’équipe de l’Alliance Scrum a publié au début de l’été un article de référence intitulé Scrum Roles Demystified. J’ai trouvé que cet article présentait fort bien l’essence des trois principaux rôles que l’on retrouve dans le cadre de travail Scrum. Avec l’accord de l’Alliance, je vous propose un résumé de cet article afin d'en faire profiter l’ensemble de la communauté Agile francophone.

Pour les organisations et les équipes qui sont peu familières avec Scrum il est parfois difficile de bien saisir les responsabilités associées aux rôles Scrum. Les trois rôles n’ont pas nécessairement d’équivalents directs dans les approches traditionnelles. Il peut aussi arriver que l’on associe, à tort, certains des rôles avec ceux que l’on retrouve habituellement dans les projets. L'article de Scrum Alliance, et le présent résumé, se veulent donc une façon de clarifier l’essence de chacun de ces rôles.

Scrumroles Infographic FR

Le Product Owner

Le Product Owner (nommé tel quel dans la version française du guide Scrum) est la pierre angulaire du succès d’un projet ou d’un produit. Non seulement est-il responsable de déterminer ce qui doit être fait, mais il se doit de pouvoir démontrer pourquoi ces éléments sont importants et prioritaires. Sa responsabilité va donc bien au-delà d’une simple gestion du carnet de produit.

Dans le cadre Scrum le Product Owner demeure activement impliqué pour la durée complète des travaux. Il s’assure de la cohérence du travail réalisé par rapport aux objectifs d’affaires recherchés. Il est à l’écoute des rétroactions provenant du secteur affaires autant que de celles provenant de l’équipe de développement et apporte les ajustements nécessaires au carnet.

Notez que j'ai choisi le terme fiduciaire car souvent le Product Owner n'est pas réellement le propriétaire du produit à proprement parler. Les parties prenantes (ou fiduciants) lui délègue l'autorité requise pour bâtir le produit, mais ceux-ci demeurent les propriétaires et peuvent prendre action en conséquence.

L’équipe de développement

Une équipe de développement Scrum est habituellement composée de 5 à 9 personnes. Ce groupe possède collectivement les compétences requises pour mener à bien les travaux, avec le soutien du ScrumMaster. Comme Scrum permet le développement de produits de nature très variée, l’expertise de chacun des équipiers peut varier grandement d’une équipe à l’autre.

L’équipe de développement possède un haut degré d’autonomie afin de déterminer comment doivent être réalisés les travaux priorisés par le Product Owner. Cette autonomie vise à créer un solide esprit d’équipe, à développer le travail collaboratif et l’atteinte d’objectifs communs.

Le ScrumMaster

Le ScrumMaster agit sur deux axes principaux. Premièrement, il veille à ce que tous les membres de l’équipe, spécialement ceux de l’équipe de développement, puissent se concentrer sur les travaux. Il aide l’équipe à résoudre les éléments bloquants qu’elle rencontre et la protège des distractions qui pourraient surgir en cours de route.

De par sa connaissance approfondie de Scrum il veille également à l’application du cadre de travail dans l’équipe. Il guide l’équipe à travers les défis associés à l’application de Scrum. Il appui la personne exerçant le rôle de Product Owner afin de l’aider à tirer le maximum de Scrum.

La synergie

C’est la complémentarité qui existe entre les rôles du Product Owner, de l’équipe de développement et du Scrum Master qui permet d’atteindre les résultats exceptionnels que produisent les équipes Scrum. Il est essentiel de soutenir chacun de ces rôles lorsqu’une organisation met en oeuvre Scrum.

Conclusion

Je vous invite à lire l'article orginalement publié en anglais car il contient plusieurs précisions additionnelles qui, je crois, pourront vous aider à bien cerner les subtilités de chacun des rôles.

Aussi, il n’est pas toujours facile d’adapter du contenu anglophone vers une autre langue tout en en préservant le sens original. Surtout lorsqu’on souhaite que les termes utilisés soient appropriés pour les lecteurs des deux côtés de l’Atlantique (et ailleurs aussi). N’hésitez-pas à laisser un commentaire ci-dessous si vous avez des suggestions linguistiques à faire.

* Le matériel original est une propriété de Scrum Alliance et adapté avec permission.

L'application rigoureuse de la méthode 5S

Publié par David Beaumier, Jean-Francois Gilbert le mercredi 15 juillet 2015 à 17:05

Dans ce dernier billet sur l’application de la méthode 5S en développement logiciel nous abordons l’opération suivre (ou Shitsuke en japonais). Cette 5ième opération vise à contrôler l’application rigoureuse des 4 premiers « S ». En anglais, le terme sustainable est utilisé. L’objectif est donc de s’assurer d’une adoption durable de la méthode.

Sans cette étape de vérification, votre équipe court le risque de revenir à ses vieilles habitudes et de perdre tranquillement les bénéfices qu’elle a obtenu en mettant en œuvre la méthode. Cette opération apporte à la méthode 5S l’aspect contrôle et adaptation qu’on associe fréquemment aux pratiques agiles, telles que Scrum.

Cycle 5S

On doit graduellement apprendre à identifier des façons de ne pas retomber dans ses ornières. Comment peut-on faire pour ne pas qu’un problème ne puisse se produire de nouveau? Par exemple, comment s’assurer que le client ne puisse pas entrer une valeur de configuration qui rende le logiciel instable? Il y a autant de solutions que de problèmes, mais j’aime beaucoup utiliser la photo ci-dessous pour illustrer comment il est possible de mettre en place un mécanisme (simple) pour empêcher le contournement d’une consigne qui pourrait avoir d’importantes conséquences.

5S Suivre

Les pratiques de développement qui peuvent vous aider

Plusieurs des pratiques proposées par eXtreme Programming visent justement à s’assurer que l’équipe puisse mettre en place un cycle de développement qui soit réellement incrémental (pas de régression entre les livraisons fréquentes). Parmi celles-ci on retrouve la programmation pilotée par les tests (TDD), la programmation en paire, les tests d’acceptation par les clients et l’intégration continue.

Si vous n’avez pas déjà une solution d’intégration continue en place, ou si celle-ci laisse à désirer, je vous suggère la lecture de Continuous Integration: Improving Software Quality and Reducing Risk. Une fois un serveur d’intégration continue en place il devient beaucoup plus facile d’automatiser la prise de mesures et de publier les résultats de façon centralisée, pour le plus grand bénéfice de l’équipe.

Livre CI

Une autre suggestion est d’automatiser toutes les vérifications qui peuvent l’être. C’est un des avantages du développement logiciel : nos activités sont généralement vérifiables et on sait comment automatiser (enfin, j’espère)! Par exemple, est-il possible d’écrire un test pour vérifier que personne n’introduise par inadvertance un nouveau schéma dans la base de données? Peut-on valider la valeur saisie dans le fichier de configuration et donner un message d’avertissement si elle n’est pas conforme, évitant ainsi un problème à l’exécution?

Les outils d’automatisation de la configuration comme Chef ou Puppet permettent de gérer la configuration de vos environnements sous forme de cible, réduisant ainsi les risques d’introduire un problème lors d’une manipulation manuelle.  Une liste de vérification c’est bien, mais si on peut l’automatiser c’est mieux!

Intégrer le suivi à votre cadre de travail

Pour ceux qui utilisent Scrum comme cadre de travail, n’hésitez pas à adapter la cérémonie de la revue de sprint pour y inclure un suivi de vos initiatives 5S. C’est un bon moment pour faire le point sur celles en cours, celles qui sont complétées (et les bénéfices que vous en retirez) et pour en proposer de nouvelles. Si vous utilisez une approche Kanban en flux tiré, pourquoi ne pas prévoir une rencontre hebdomadaire de quelques minutes pour discuter des opportunités d’amélioration en cours? Nous sommes certains que 10 à 20 minutes investis à ce niveau permettront à l’équipe de faire le point sur les initiatives en cours et d’identifier celles qui seraient bénéfiques à entreprendre.

Pour mesurer l’impact de chacune de vos initiatives nous vous recommandons premièrement d’identifier le point de départ (état initial) et la cible que vous poursuivez. Ensuite, déterminez quelles mesures vous permettront de vérifier l’atteinte de votre cible (diminution de 7% des appels de service, augmentation de 5% de la satisfaction des clients, etc.).

Vue externe

Si votre équipe le souhaite, et qu’elle possède la maturité suffisante pour le faire, il peut être intéressant de faire appel de façon sporadique à un « vérificateur externe ». Celui-ci aurait comme rôle de valider que l’équipe est en mesure de démontrer qu’elle applique les façons de faire qu’elle prétend avoir mis en place et qu’elle est en mesure de s’auto vérifier. Il est important de voir ce suivi comme une opportunité de développer les gens et améliorer les façons de faire pour le bénéfice du produit et de l’organisation et non comme une façon de les contrôler ou d’évaluer leurs performances.

Pour cette raison, le rôle du vérificateur aura avantage à être exercé par une personne d’une autre équipe. En plus, cela permet un partage intéressant sur les façons de faire à l’intérieur de l’organisation.

Conclusion

Tel que le mentionne le manifeste Agile, il est préférable de « valoriser les individus et leurs interactions plutôt que les processus et les outils ». L'utilisation de la méthode 5S ne devrait pas vous en écarter. Gardez en tête que 5S n’est qu’un moyen parmi d’autres pour améliorer vos façons de faire. En fin de compte, c’est l’implication et la passion de votre l’équipe qui assurera le succès de vos projets!

Travailequipe

Mise à jour

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La conception importe plus que la production

Publié par David Beaumier le mardi 16 juin 2015 à 10:17

« It’s not the production system that matters most, but the design system ». Du moins, c’est le point de vue de Toyota lorsque son système de production (le fameux TPS – Toyota Production System) est comparé à son système de conception, le TPDS pour Toyota Product Development System.

C’est sans doute pour cette raison que Toyota a toujours accepté de recevoir les représentants des autres manufacturiers dans ses usines. Toyota savait que son principal avantage compétitif se trouvait plutôt au niveau du système de conception de ses produits. Et oui, même si la conception est une activité hautement créative, le système à l’intérieur duquel cette conception se fait peut, à plusieurs égards, être standardisé.

It’s not enough to do your best; you must know what to do and then do your best.

- W Edward Deming

En développement logiciel, bien des équipes ont tendances à associer leur processus de développement à un système de production. Je crois qu’elles auraient plutôt avantage à faire comme Toyota et scinder en deux leur processus : la conception du logiciel et la production du logiciel. Ne vous méprenez-pas, je ne vous propose pas de revenir au développement en cascade!

Je vous propose plutôt d’utiliser l’analogie de la chaîne de montage pour regrouper les activités de construction (build), de vérification, de déploiement et de mise en production de votre logiciel. Le fameux DevOps, quoi. Le serveur d’intégration continue, avec son build, ses tests et vérifications et par la création du paquetage applicatif, joue en quelque sorte le rôle de l’usine. La partie déploiement, mise en œuvre et opérationnalisation du produit équivaut cycle de distribution, de vente et de service habituellement associé au réseau des concessionnaires.

Les activités en amont, incluant le « codage », sont en réalité des activités de conception. C’est seulement un fois que le serveur récupère le code depuis votre gestionnaire de sources que l’usine se met en branle. Tout ce qui se fait avant sert à définir les spécifications structurelles et comportementales de l’application (qu’il s’agisse de l’interface utilisateur ou de traitements d’affaires). Le code source, les schémas de bases de données et la configuration représent les spécifications requises pour bâtir le produit.

Ce n’est donc pas suffisant de mettre votre usine en marche. Vous devez vous assurer qu’elle produit la bonne chose! Heureusement, nous avons la chance en développement logiciel de ne pas avoir à gérer les contraintes physiques. Nous pouvons construire une seule fois le produit et le cloner aussi souvent que souhaité. Il nous est possible de changer ses spécifications, le bâtir et l’essayer en peu de temps et pour peu de frais. Cette flexibilité devrait donc nous permettre de nous concentrer sur le produit à bâtir plus que sur sa fabrication. Ce n’est pas que l’aspect DevOps ne soit pas important, c’est juste que ce n’est habituellement pas en premier lieu pour votre efficacité à bâtir et opérer qu’un client va adorer votre produit.

Ne perdez pas de vue le premier des principes du manifeste agile: le client sera satisfait par la livraison de fonctionnalités à valeur ajoutée.

Principe1 Manifesteagile

Un cadre de travail agile, tel que Scrum, a l’avantage d’offre un modèle itératif pour la conception de produits. Jumelé à un système de production efficace ça permet de réduire la boucle de rétroaction afin de valider que vous avez conçu les fonctionnalités requises pour que votre client atteigne ses objectifs d’affaires.

Et vous, est-ce que votre équipe se perçoit comme un groupe de conception de produits ou se voit-elle plutôt comme une équipe de fabrication?

Standardiser ses activités de développement

Publié par David Beaumier, Jean-Francois Gilbert le mercredi 29 avril 2015 à 14:33

Pour ce 4ième billet de la série sur l’application de la méthode des 5S en développement logiciel nous aborderons l’aspect standardisation (ou Seiketsu en japonais). Ce principe vise principalement à :

  • Standardiser les meilleures pratiques;
  • S’assurer que chaque processus est appuyé sur une façon de faire éprouvée et connue;
  • Maintenir le niveau de qualité dans l’ensemble des activités;
  • Préserver l’ordre et la propreté (les 3 premiers s).

On ne parlera donc pas des normes telles que CMMI, Macroscope ou ITIL dans ce billet. La standardisation dont on parle est à un niveau beaucoup plus tactique et se trouvera complémentaire à vos processus.

Établir les règles

Clean CodePeu importe les conventions, normes et orientations que vous choisirez, l’important est qu’elles soient suivies. Certains membres de l’équipe pourraient préférer une approche différente et ils ont tout à fait le droit. Cela ne devrait toutefois pas les autoriser à contourner les règles communes. Pour favoriser l’adoption de ces règles et faire en sorte qu’elles soient accordées au « nous » il est toujours préférable de les choisir collectivement que de les imposer.

Un des bons points de départ peut être que chaque membre de l’équipe fasse la lecture (ou la relecture) du livre Clean Code de Bob Martin. Même s’il date d’un peu plus de 6 ans, ce livre demeure une référence incontournable pour qui veut produire du code de qualité. J’ai été agréablement surpris de voir qu’il était toujours dans le top 20 des meilleurs vendeurs en développement logiciel.

Adopter un standard de programmation

Bon nombre de ces standards ont déjà été écrits. Vous pourriez donc vous sauver bien du travail en adoptant une convention existante. Par exemple :

Si vous choisissez d’en bâtir un qui soit spécifique à votre équipe, essayez tout de même de respecter les conventions habituelles de votre langage (les nouveaux équipiers vous en seront très reconnaissants). Adoptez aussi un style concis : énoncez la règle et évitez les longues justifications.

N’oubliez pas le code qui tourne autour des bases de données. Sans standard les artéfacts peuvent devenir rapidement aussi différents les uns des autres que le sont les flocons de neige. Encore plus vrai si vous utilisez des artéfacts contenant de la logique (fonctions, procédures stockées, etc.). L'uniformisation de votre base de données viendra aussi vous simplifier la vie si vous souhaitez éventuellement intégrer un ORM car la conversion OO-SGBD s'appui sur une convention.

Au-delà des conventions

La standardisation va bien au-delà des simples conventions.  Ce souci d’uniformisation devrait transparaître dans l’ensemble de votre application.  Prenons l’exemple de Sonos, ce système intelligent de haut-parleurs sans-fil. Sonos propose une application servant à contrôler votre système sur les plateformes les plus répandues (Android, iOS, Mac et Windows). L'entreprise s'est efforcée de standardiser l'expérience utilisateur entre toutes ces plateformes, ce qui fait que vous bénéficierez d'un « look and feel » cohérent que vous utilisez la version iOS ou Windows. En plus, Sonos a réussi cette standardisation tout en tirant profit des capacités particulières à chaque plateforme.

Dans votre application, la standardisation devrait donc transparaître autant de l’intérieur (le code) que du point de vue du client. Voici quelques exemples de standardisation dans un applicatif :

  • Établir un vocabulaire uniforme du domaine d’affaire et s’y référer constamment;
  • Définir des abstractions-clé arrimées avec le domaine d’affaires et en promouvoir l’utilisation dans le vocabulaire autant que dans le code;
  • Favoriser la création de classes réutilisables;
  • Bâtir des mécanismes de déploiement automatisés;
  • Proposer une expérience utilisateur uniforme dans tous les modules.

Une équipe qui gère les dépendances entre les fichiers Javascript à l’aide d’une approche déclarative (telle que proposée par RequireJS) se trouve à standardiser ses façons de faire tout en améliorant la qualité du code et en offrant une meilleure vitesse d’exécution pour l'utilisateur.

Détecter les écarts

Si vous souhaitez maintenir le niveau de qualité à long terme, rien de mieux que de mettre en place des points de contrôle fréquents, idéalement automatisés. Dès que vous trouvez un écart par rapport à la cible, trouvez un moyen que cette situation ne se reproduise pas. Avec le temps vous bâtirez un solide harnais de sécurité.

Un plugiciel comme Checkstyle (pour Eclipse), Rubocop en Ruby ou FxCop (la fonctionnalité Static Code Analysis de Visual Studio) permet de vérifier si les standards de programmation sont respectés. Il est possible de choisir quelles règles doivent s’appliquer et même d’en développer des personnalisées, si besoin est.

Checkstyle

Il est même possible d’appliquer des vérifications automatisées au niveau du respect des principes d’architecture. Visual Studio offre la possibilité de valider que les dépendances entre les différents projets de votre solution respectent les choix que vous avez faits au niveau du diagramme d’architecture. Cette validation peut même être intégrée au processus d’intégration continue. Vous aurez rapidement une rétroaction si un équipier contourne le modèle établi. Beaucoup plus intéressant que de le réaliser quelques semaines plus tard!

Regarder le processus dans son ensemble

Le principe de standardisation aura avantage à s’appliquer au-delà des activités de « codage ». Si vous ne l’avez pas déjà fait, pourquoi ne pas illustrer votre processus de développement dans son ensemble. Cela vous permettra de voir les grandes activités qui le composent et creuser pour voir quels sont les standards existants pour chacune d’elles.

Par exemple, est-ce que la gestion du carnet est standardisée? Est-ce que la formule « En tant que <acteur> je veux <besoin> afin de <bénéfice d’affaires> » est systématiquement utilisée pour vos stories? Les critères d’acceptation sont-ils définis avant la cérémonie de planification? Est-ce que le carnet de produit est révisé (backlog grooming) sur une base régulière? Ce sont toutes des activités qui auront avantage à être standardisées selon votre réalité.

Il en sera de même pour les activités de déploiement (le fameux DevOps) ou de prise en charge des demandes des clients. En fait, standardiser ce type d’activités aura un double bénéfice en offrant à vos clients une expérience beaucoup plus uniforme et prévisible.

Enseigner et diffuser

Vous aurez beau établir les meilleurs standards, développer des procédures simples et précises et offrir des outils hors-pairs, si les membres de votre équipe ne savent pas qu’ils existent ou comment les utiliser, vous risquez de ne pas être plus avancés!

Il existe une foule d’outils disponibles pour consigner ce genre d’information. Peu importe l’outil que vous choisirez (tel qu’un wiki, par exemple), assurez-vous que l’outil en question offre un bon moteur de recherche et encouragez les gens à s’y référer et, surtout, à garder le contenu à jour.

Prévoyez aussi accompagner les gens de votre équipe. Il se peut que le p’tit nouveau oublie d’appliquer certaines des règles de conception (pourtant inscrites dans le wiki) et un rappel amical peut faire toute la différence. La programmation en paire ou les revues de conception sont des façons de guider les équipiers dans l’application des standards.

Contrôler et adapter

La standardisation n’est pas une activité dogmatique et elle ne vise pas à réduire la capacité d’innovation de votre équipe. Il ne faut pas hésiter à remettre en question les façons de faire afin de ne pas tomber dans le piège du « c'est de même que ça se fait depuis toujours ici ». On le sait, en informatique la technologie et les outils évoluent à vitesse grand V. Les façons de faire doivent s'adapter. Les rétrospectives d’équipe sont un bon moment de se questionner sur les standards existants et proposer des changements qui seraient bénéfiques.

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