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Merci pour le feedback

Publié par Marc Allard le mardi 17 février 2015 à 19:19

Thanks For The Feedback

C’est la fin d’une dure journée. Au bureau, des clients vous ont tenu au téléphone pendant une heure à râler pour des pacotilles et votre boss vous a reproché de ne pas être assez patient avec eux. De retour à la maison, vos enfants ont boudé le repas équilibré que vous avez trouvé l’énergie de leur préparer. Et après la routine du dodo, quand vous avez eu enfin la liberté de vous affaler sur le divan pour regarder votre série préférée, votre douce moitié a voulu faire le bilan des factures et de tâches ménagères qui s’accumulent depuis trop longtemps. 

Dans ce temps-là, je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai envie de faire comme certains commerces qui ferment un certain temps pour rénover. L’affiche dirait quelque chose comme : « Fermé pour travaux majeurs. Cause : surdose de feedback. »

« On nage dans un océan de feedback », écrivent Douglas Stone et Sheila Heen, dans leur livre Thanks for the Feedback, paru au printemps dernier. Stone et Heen ne parlent pas à travers leur chapeau. Ils font partie du Harvard Negociation Project, un programme fondé en 1979  dans l’université du même nom qui a révolutionné la science de la négociation et dont les membres ont été appelés à l’aide de graves conflits comme la crise des otages iranienne, les négociations de paix israélo-palestinienne et l’apartheid sud-africain.

Stone et Heen, eux, ont travaillé avec tout un assortiment de travailleurs : des PDG, des entrepreneurs, des opérateurs de puits de pétrole, des leaders religieux, des policiers, des cinéastes, des journalistes, des travailleurs de la santé, des astronautes, etc. Lorsqu’ils demandaient à leurs clients de décrire le genre de conversation qu’ils trouvaient le plus difficile, le feedback revenait tout le temps. Après tout, difficile d’en donner, même quand c’est impératif: la personne qui le reçoit se met sur la défensive ou en colère et elle se retrouve moins motivée, pas plus. Alors, pourquoi se casser la tête à en donner?

De toute façon, tout le monde l’a expérimenté avec un patron déconnecté : le feedback est injuste ou infondé, et d’ailleurs le moment était mal choisi et le ton manquait cruellement d’empathie. Le donneur de leçons ne comprenait pas notre job et n’avait aucune idée de nos contraintes. Il aurait dû s’attarder à ce qui va vraiment mal dans la boîte — s’il veut une liste, ça nous ferait plaisir de lui fournir!

Durant longtemps, la solution a semblé du côté des émetteurs de feedback. Il fallait montrer aux cadres comment trouver les bons mots, le bon ton et s’assurer que leurs remarques soient pertinentes. On a toutefois oublié les récepteurs dans l’équation — et la clé se trouve de leur côté, soutiennent Stone et Heen. 

« Entraîner les cadres à donner du feedback (…) peut être utile, écrivent-ils. Mais si le récepteur ne veut pas ou s’il n’est pas apte à absorber le feedback, même la persévérance et une livraison habile du message ne pourront pas se rendre très loin. L’autorité ou le pouvoir des émetteurs importent peu; les récepteurs ont le contrôle sur ce qu’ils font, sur ce qu’ils laissent les atteindre, sur le sens qu’ils donnent à ce qu’ils entendent, et s’ils décident de changer. »

C’est vrai au bureau comme à la maison. Dans son livre sur l’agilité familiale, The Secrets of Happy Families, le chroniquer du New York Times Bruce Feiler rencontre Bill Ury, un des cofondateurs du Harvard Negociation project. Feiler s’interroge à savoir si les techniques de négociation qui ont fait leurs preuves en entreprises peuvent fonctionner dans un couple et avec les enfants. Ury lui répond que son questionnement est tout à fait normal, puisque le modèle hiérarchique qui prévalait depuis des lustres dans la société ne tient plus.

« Maintenant, nous sommes dans une période de transition, explique Ury. La démocratie se répand à travers le monde, les organisations deviennent de plus en plus horizontales. La même chose se produit avec les familles, au sein desquelles les membres veulent prendre part aux décisions qui les affectent. Ce qui veut dire que tout est négociable. Qui fait la vaisselle? Ce n’était pas une question il y a une génération. La nôtre est la première où la négociation est la norme. »

Or, toute négociation repose sur le feedback. Le problème, c'est que la rétroaction est difficile à recevoir, parce qu’elle entre en conflit avec quelque chose de fondamental : notre besoin d’être aimé, accepté et respecté tel qu’on est, expliquent les auteurs de Thanks for the Feedback. Ça ne nous vient pas naturellement de voir le bon côté du feedback; notre réflexe est plutôt de froncer les sourcils.

En se braquant, on perd cependant une source incroyable d’apprentissage. Je me souviens d’avoir lu par exemple que, très jeune, Eugenie Bouchard se distinguait des autres joueuses sur le court de tennis car elle était très attentive aux commentaires de ses entraîneurs et se faisait un devoir de corriger ses erreurs au plus vite pour élever son niveau de jeu. On sait où elle est rendue aujourd’hui! 

Pour le reste d’entre nous qui ne possédons pas cette attitude par défaut, Douglas Stone et Sheila Heen nous rassurent : c’est une habileté qui s’apprend. Même après une dure journée. 

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Faire le double en moitié moins de temps avec Scrum

Publié par David Beaumier le mardi 3 février 2015 à 18:31

Scrum TwicetheworkhalftimeJ'ai récemment terminé la lecture du plus récent livre de Jeff Sutherland, le co-créateur de Scrum, s'intitulant Scrum: The Art of Doing Twice the Work in Half the Time. L'objectif avoué de Jeff Sutherland avec la publication de ce livre est de faire rayonner Scrum à l'extérieur du secteur des TI et du développement logiciel en particulier. Celui-ci s'adresse donc à des gestionnaires et leaders de tous les horizons. Personnellement, j'ai trouvé qu'il avait atteint son objectif. Il ne peut faire abstraction des succès de Scrum dans le monde du développement logiciel, mais il présente beaucoup d'exemples d'organisations oeuvrant dans d'autres secteurs d'activités qui appliquent Scrum. On voit clairement que Scrum a sa place dans les organisations modernes, particulièrement celles qui font face à des défis créatifs et qui doivent affronter l'incertitude (que ce soit face au marché ou au développement du produit/service lui-même).

D'entrée de jeu, sachez que ce n'est pas un livre pour apprendre comment mettre Scrum en application, il en existe déjà plusieurs qui sont excellents. C'est plutôt un livre qui présente les bénéfices qu'une organisation peut retirer en mettant Scrum en action. Et ça, je trouve que ce livre le fait merveilleusement bien. Jeff Sutherland a écrit ce livre en collaboration avec son fils, un ancien du réseau radiophonique NPR, ce qui n'est sans doute pas étranger au style d'écriture simple, direct et très imagé qu'on y retrouve.

Bien que je ne fasse pas, à priori, parti du public cible du livre, j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire. Après plus d'une décennie à mettre en oeuvre les pratiques Agiles et Scrum en particulier, j'ai trouvé cette lecture rafraîchissante et motivante. On s'éloigne parfois de l'essence de Scrum en le pratiquant au quotidien et les aspects mécaniques (telles que les cérémonies ou les artéfacts) peuvent finir par prendre le dessus sur les principes. Parce qu'il doit prouver son affirmation (le double de travail en la moitié moins de temps), Sutherland revient sur les fondements de Scrum et il met l'emphase sur les aspects qui font de Scrum un cadre de travail capable de rendre les individus et les équipes performants: la dynamique des équipes, l'importance accordée au temps, la réduction des gaspillages (sous toutes leurs formes), la visibilité sur la réalité et la gestion des priorités.

Cette lecture m'a aussi permis de prendre conscience de l'arrimage qui existe entre Scrum et le mouvement Lean. À maintes reprises, Sutherland démontre comment tel ou tel aspect de Scrum vient mettre en oeuvre un des principe du Lean. Il consacre même un chapitre entier à l'élimination des gaspillages, un fer de lance du mouvement Lean. Est-ce une stratégie pour favoriser un rapprochement de Scrum avec la communauté Lean et Kanban alors qu'il y a souvent eu des tensions entre ces deux groupes, souvent vu en opposition l'un à l'autre? Je ne sais trop, mais j'ai personnellement bien apprécié qu'on me présente la complémentarité des deux approches.

C'est donc une lecture que je vous recommande même si vous oeuvrez en développement logiciel et ce, quel que soit votre rôle. Je la recommande aussi fortement à tout gestionnaire, peu importe son secteur d'activité. N'hésitez donc pas l'offrir en cadeau à votre patron ou à le laisser traîner dans un endroit stratégique de vos bureaux. Je peux vous affirmer que la couverture attirera l'attention de beaucoup de gens (autant par sa couleur que son titre)!

En terminant, je vous propose cette vidéo d'une quinzaine de minutes où Jeff Sutherland présente plusieurs des éléments qu'il aborde en détail dans son livre.

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Classique du développement logiciel: Head First Design Patterns

Publié par David Beaumier le mercredi 10 décembre 2014 à 13:06

J’ai remarqué récemment que le livre «Head First Design Patterns » a reçu une mise à jour pour souligner son 10ième anniversaire de publication. Premièrement, il faut savoir que ce n’est en aucun cas le livre le plus avancé sur le sujet, mais comme le dit cet internaute « Si tu ne comprends pas les Design Patterns après cela, c'est alors peine perdue ».

Couverture Head First Design Patterns

Il s’agit donc d’un livre tout indiqué pour le p’tit nouveau de votre équipe ou pour un collègue qui ne connait pas encore les patrons de conception et qui souhaite s’initier au sujet. Présenté dans le format ludique associé à la série Head First (approche néanmoins très sérieuse), c’est une lecture agréable et somme toute légère si on considère le sujet. Le livre propose tout d’abord une introduction au concept de « patrons de conception », sans prendre pour acquis que le lecteur est un programmeur OO ceinture noire. Les principes OO liés aux patrons sont présentés au fur et à mesure, de façon à ce que le lecteur possède les bases requises pour bien comprendre comment mettre en oeuvre le patron.

Un des aspects intéressants de ce livre est l’abondance d’illustrations. Celle qui suit est un exemple typique du style utilisé par l’auteur, qui, il faut l’avouer, est assez différent de celui retrouvé dans la majorité des livres traitant du même sujet.

Exemple Diagramme HFDP

Ce classique propose, pour son édition renouvelée, des exemples basés sur les nouveautés de Java 8. Ceci dit, il est tout aussi pertinent pour ceux qui développent sous d’autres plateformes, telle que .NET. Les exemples sont simples et faciles à comprendre.

 Il est impressionnant de voir que plus de 10 ans après sa parution, il se retrouve au #1 des ventes de sa catégorie (au début de décembre 2014). C’est vraiment ce qu’on appelle un incontournable!

Ranking HFDP

Version française

Une édition française de ce livre a déjà existée, avec le titre « Design patterns : Tête la première », mais elle était basée sur l’édition originale et n’était disponible qu’en e-book (PDF). L’éditeur ayant fermé ses portes depuis, elle ne semble plus disponible pour achat.

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Pour aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir le sujet des patrons de conception, je vous recommande la formation Concepts orientés-objet avancés appliqués au développement agile présentée par mon collègue Félix-Antoine Bourbonnais.

The Professional ScrumMaster's Handbook

Publié par Jean-Francois Gilbert le lundi 6 janvier 2014 à 00:00

Tout d'abord bonne année 2014! Je vous souhaite à tous et à toutes de beaux projets personnels et professionnels.

Livre Pro Scrum Master HandbookMon collègue Philippe proposait récemment une liste de références pour les coachs et Scrum Masters. J'ajouterais à cette belle liste le livre suivant : The Professional ScrumMaster's Handbook. Je crois que ce livre devrait être mis entre les mains de tout nouveau Scrum Master. L'ouvrage couvre un vaste éventail de sujets, mais les traite tout de même avec un niveau de détail étonnant. Je reproche souvent aux publications sur Scrum de rester à un niveau abstrait et quelque peu académique. Ce livre apporte de nombreux exemples concrets et utilisables au quotidien et le style d'écriture est assez détendu.

En plus de traiter de Scrum au niveau du produit, il aborde également l'aspect programme et porte-folio d'une équipe de développement, le changement organisationnel, les défis qui attendent les Scrum Masters (PO absent, équipe distribuée etc) et de bonnes pistes de solutions pour relever ces défis.

Bref, c'est à lire !

Références Agile pour les coachs et Scrum Masters

Publié par Philippe Tremblay le mardi 3 décembre 2013 à 12:15

La présence d’un coach ou d’un Scrum Master peut accélérer grandement l’obtention des bénéfices agiles dans une organisation et ses équipes.  Cependant, comme c’est le cas pour tous les rôles, un « titre » (ou un diplôme) n’est pas une formule magique donnant instantanément les connaissances, les habiletés et l’attitude requises pour accomplir de façon performante ce rôle.  Pour pouvoir aider efficacement les organisations et leurs équipes un coach / Scrum Master doit détenir un bagage allant bien au-delà de la connaissance du Guide Scrum et du manifeste agile (qui restent tout de même incontournables).

Nous vous proposons donc une série de références qui permettront de bonifier vos diverses expériences d’accompagnement.  Également, la plupart des références suggérées pour les leaders le sont également pour les coachs.  Surtout lorsque vous agissez à titre de coach organisationnel pour une transition.  Cet article sera mis à jour afin de refléter l’évolution de nos suggestions.

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