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Mon appréciation des cours du Agile Coaching Institute

Publié par Louis-Philippe Carignan le mardi 2 juillet 2013 à 18:00

Depuis les 2 dernières années, j’ai eu l’occasion de suivre deux cours du Agile Coaching Institute (ACI). Cet institut fût fondé par Lyssa Adkins et Michael Spayd. Lyssa est l’auteure du livre « Coaching Agile Teams » tandis que Michael est sur le point de publier son propre livre, « Coaching the Agile Enterprise ». Grosso modo, l’objectif du ACI est de coacher les coachs Agile.

En juin 2011, j’ai suivi le cours « Coaching Agile Teams » qui est un bon condensé du livre de Lyssa mais avec beaucoup d’interactions. Par exemple, le manuel du participant ne tient que sur une vingtaine de pages. À chaque segment du cours, on voit un peu de théorie pour ensuite mettre la théorie en pratique. On se sert donc du manuel pour prendre quelques notes à propos de la théorie ainsi que noter nos propres expériences lors des exercices. Lors de ce cours, j’ai pu mieux comprendre toutes les facettes d’un coach Agile. Par exemple, j’ai pu faire la différence entre un mentor, coach et facilitateur, trois des postures demandées par un coach Agile. Dans un autre segment du cours, nous avons pratiqué l’écoute active par des exercices et en étant jumelé avec différents individus, on identifie rapidement nos forces et nos faiblesses en ce comparant à nos coéquipiers.

En juin 2013, j’ai alors suivi le cours « The Coaching Stance » qui est la suite du cours que j’avais suivi en 2011. Je me compte chanceux d’avoir suivi ce cours lors de la rencontre annuelle des formateurs de Scrum.org puisque j’ai pu travailler avec des coachs d’expérience. Par exemple, lors d’un exercice, on devait donner du feedback à notre coéquipier. J’ai pu voir comment un coach sénior donnait du feedback et ainsi cibler des points d’amélioration en ma propre personne.

Un point fort de cette formation est le détail d’une conversation qu’un coach a avec son client. Chaque conversation débute en ciblant le sujet dont on veut parler suivi d’une période d’exploration où le client doit répondre à une série de questions fortes posées par le coach. Lorsque le client identifie des pistes de solutions, le coach ferme la conversation en lui offrant une demande ainsi qu’un geste d’imputabilité pour faire un suivi dans des délais raisonnables.

Encore une fois, ce second cours est accompagné d’un manuel d’une vingtaine de pages qui sera remplit de nos propres expériences et commenté d’un peu de théorie. Lors de ce cours, le segment à propos du « Design Alliance » est un vrai bijou. Sans rentrer dans les détails, Lyssa qualifie ce sujet comme étant « Team norms on steroids ». Et c’est exactement ça. En résumé, on voudra dresser un code de conduire lorsque l’équipe va dérailler. Comme exemple pour mieux apprécier le concept, on raconte comment il peut être important de discuter avec les passagers qui sont à côté de nous dans l’avion. Lorsqu’il sera temps d’aller au petit coin, que ferons-nous si la personne à côté de nous dort? Il faudra bien la déranger pour se rendre aux toilettes. Pourquoi ne pas en parler avant pour déterminer comment gérer cette situation. Il est donc préférable d'eéchanger auparavant pour que tout le monde soit d’accord lorsque cela arrivera. C’est le même concept avec son équipe Agile. On se définit des règles pour gérer des conflits qui ne sont pas encore arrivés, question que toute l'équipe soit d’accord sur les mesures à prendre lorsque ceux-ci auront lieux.

Lors des deux cours, je n’ai pas eu le temps de regarder ma montre et j’avais le sentiment de bien avoir investi mon argent. Les formateurs interviennent lorsqu'on se pratique pour qu'on identifie nos points faibles. Certains exercices sont en groupe pour que tous puissent apprendre en même temps avec le feedback des formateurs.

Je recommande ces deux cours aux Scrum Masters et coachs Agile qui désirent améliorer leurs aptitudes au travail. Mais je conseille aussi ce cours aux gestionnaires et chargés de projets qui aimeraient inclure cette dimension à leur carrière. Par exemple, l’écoute active est une habileté fort utile pour un gestionnaire et le temps passé à la pratiquer lors de ces deux cours lui sera certainement bénéfique à son retour au travail. À plusieurs occasions, j’entends des gestionnaires me confier qu’ils aiment bien aider leurs subordonnés identifier leur profil de carrière. Je crois que plusieurs éléments dans les cours du ACI peuvent aider les gestionnaires qui désirent accompagner leur personnel. L’écoute active. Poser des questions fortes. Ces thèmes ne font, qu'à mon avis, améliorer l'étoffe des gestionnaires.

Le ACI offrira bientôt le cours « The Agile Facilitator » qui, vous l’avez deviné, tourne autour du thème de facilitateur. Puisque Michael est un Certified Professional Facilitator (CPF), il a sûrement monté un cours à cet effet. J’invite les Scrum Masters qui lisent ce blogue à garder un œil pour ce cours.

J’ai aussi une opinion favorable envers Lyssa, Michael et leur initiative. Ils ont cerné un créneau dans l’Agilité, coacher les coachs, qui était absent mais nécessaire dans notre profession. Grâce à leur leadership, ils vont définir ce qu’est un coach Agile. Par exemple, ils visent utiliser les « learning objectives » du International Consortium for Agile (IC Agile) pour définir les trois types de coach : Scrum Master (ou Team Facilitator), Agile Coach (ou coach de Scrum Masters) et Enterprise Agile Coach. L’image suivante, prise de leur site, résume bien ces trois niveaux de coaching :

Icagile Coaching 

Finalement, les gens du ACI ne saisissent jamais l’occasion pour ridiculiser les autres experts en Agilité. Dans les dernières années, j’ai souvent lu des chicanes entre Scrum et Kanban, le ridicule envers l'absence de pratiques d’ingénierie sous Scrum ou des moqueries à l’égard des certifications Scrum. Le ACI ne se permet pas une telle critique et cela est tout à son honneur. Ils s’élèvent au-dessus de la mêlée pour le bien de notre profession et non celui de leur porte-feuille.

100% Agile ... vraiment?

Publié par Louis-Philippe Carignan le vendredi 24 mai 2013 à 19:00

Je lisais dernièrement sur une présentation de Ken Schwaber à propos d'un sondage effectué par Forrester Research auprès de 205 organisations pour connaître leur utilisation de l’Agilité. Dans sa présentation, Ken questionnait, à la diapositive #11, ce que voulait dire ce 100%. Comment a-t-on réussi à mesurer que 20% de ces organisations étaient Agile à 100%?

Forrester Research

Mais un autre point a piqué ma curiosité dans cette présentation. À la diapositive #3, on y pose la question « Who Is Responsible For Creating More Agility? ». Bien que plusieurs corps de métier soient énumérés à la gauche, un encadré à la droite pointe vers les gestionnaires. J’ai trouvé cette réflexion intéressante puisque je trouve que beaucoup d'efforts a été déployé depuis les 10 dernières années à convaincre les équipes d'adopter l'Agilité. Mais maintenant que les professionnels en T.I ont fait ce changement, qu'en est-il de l'ouverture et la compréhension de la gouvernance face à la philosophie Agile?

Who Creates Agility

Je trouve que les deux personnes les plus en vue ces dernières années en Agilité sont Lyssa Adkins et Jurgen Appelo. Et ces deux personnes visent essentiellement le management dans leur message. Avec son livre « Coaching Agile Teams », Lyssa parle aux Scrum Masters, coach Agile et gestionnaires Agile pour les aider à adopter une nouvelle posture de gestion. Elle a fondé l’institut de coaching Agile avec Michael Spayd où elle offre une série de cours qui cible ces corps de métier, quelque chose qu’on ne retrouvait pas nécessairement il y a plusieurs années. Au Canada, on retrouve maintenant le Agile Coach Camp, un évènement annuel où les coach Agile peuvent se rencontrer.

Du côté de Jurgen Appelo, son livre « Management 3.0 » vise aussi les gestionnaires à s’adapter à la philosophie Agile. Tout comme Lyssa, il offre aussi des cours basés sur son livre. 

Dans son rapport « The Shift Index » en 2011, Deloitte mentionnait qu’on se dirigeait vers du Agile de deuxième génération. Je croyais au début que la méthode Kanban de David Anderson était le candidat potentiel pour cette deuxième génération d’approches Agile.

Mais avec l’apparition du Scaled Agile Framework (SAFe) de Dean Leffingwell, le Disciplined Agile Delivery (DAD) de Scott Ambler et le Path To Agility de Ken Schwaber, je me demande si la deuxième génération d’Agilité ne sera pas plutôt axée vers l'entreprise au grand complet. Ces trois "trucs"/"approches"/"framework" semblent voulour répondre à un besoin organisationnel pour devenir de plus en plus agile face aux changements constants de notre industrie.

En ce début de cette deuxième décennie portant sur l'Agilité, notre industrie ne semble pas se ré-inventer (pour l'instant) comme elle l'a si bien fait dans le passé. En attendant de voir ce qui va arriver avec la méthode Kanban, DAD, SAFe et Path To Agility, il sera intéressant de définir un jour ce que veut dire "être une organisation 100% Agile" et si cela peut mieux se mesurer que les résultats obtenus lors du sondage de Forrester.

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