Établir sa vélocité initiale

Publié par Louis-Philippe Carignan le samedi 11 février 2012 à 21:05

Suite à une discussion où mon collègue Mathieu Boisvert chez notre client m'a fait réfléchir, j’ai voulu écrire un billet sur la façon de dresser la vélocité initiale d'une équipe pour ainsi prédire le plan de livraison de cette dernière.

Mise en situation

Imaginons une équipe qui a évalué qu’elle devra livrer un projet de 200 points répartis de la façon suivante :

  • Obligatoire: 100 points
  • Important: 60 points
  • Facultatif: 40 points

Nous avons 43 itérations d’une semaine pour livrer ces points, donc environ 1 an pour livrer ce projet si on enlève les vacances de l'équipe. Le SunSet graph suivant nous permet d'illustrer ces points sur une ligne du temps.

Sun Set De Depart

La prochaine étape consiste donc à établir la vitesse à laquelle seront livrés les points du projet. J'avais surtout l'approche client mais en parlant avec Mathieu, il m'a fait comprendre que l'approche de l'équipe était très important, surtout parce qu'elle m'expose un risque dès le départ.

Comparons donc les deux approches pour voir ce qu'elle nous apporte comme information

L'approche client

Si on se place dans les souliers du client, il veut son projet complété dans 1 an. Si on enlève les vacances de son équipe, on peut dire qu'il faut 43 itérations pour livrer. S’il a 200 points à livrer, il peut se donner trois scénarios possibles :

  • Meilleur scénario : 200 points / 36 itérations = 5,55 points par itération
  • Scénario normal : 200 points / 43 itérations = 4,65 points par itération
  • Pire scénario : 200 points / 50 itérations = 4 points par itération

Cependant, cette approche a un problème. Le client dresse ses attentes dès le départ. Si on présente ces chiffres à l’équipe, elle aura naturellement tendance (à mon avis) à atteindre ces chiffres, même si elle se met à couper dans la qualité des fonctionnalités.

Voyons voir si l'approche de l'équipe peut nous apporter une perspective différente.

L'approche équipe

Si on se place dans les souliers de l’équipe, on constate qu’il faut 200 points à livrer dans 43 itérations. Cependant, on ne leur demandera pas de dresser les trois scénarios comme avec le client.

Lors de la planification de l’itération initiale, on demande à l’équipe de découper les stories retenues pour l'itération en tâches. Selon le nombre d’heures qu’elle peut donner, on voit le nombre de points qu’ils peuvent faire en une itération dès la fin de la planification de l'itération. On va donc chercher la vélocité initiale que l’équipe peut donner dès le départ du projet.

À ce moment, on peut tout de suite constater si l’équipe pense être en mesure d’atteindre les 200 points pour la fin de l’année. Si l’équipe ne peut prendre que 2 points pour la première itération, on voit donc déjà un risque apparaître. Si l’équipe se rend compte qu’elle peut faire 15 points dès la première itération suite au découpage, peut-être que la durée du projet sera plus courte.

Conclusion

Si on utilise l'approche du client, il faut attendre la fin de la première itération pour faire le constat si l’équipe peut (ou non) livrer les points dans l’année. Cependant, avec l'approche de l'équipe, on peut faire ce constat dès le départ, avant même l’itération 1, qu’il y a un risque que l’équipe n’atteigne pas ses 200 points à la fin de l’année du projet.

Ma conclusion est qu’il faut faire les deux approches. Je ferais l'approche client avec le client, seul, pour qu’il constate ce qu’il attend de son équipe dans la prochaine année. Par la suite, à la fin de la planification de l’itération 1, je ferais l'approche de l'équipe. Une fois les deux approches élaborées, je les comparerais et les mettrais en évidence au client pour qu’il puisse comparer de par lui-même que ce qu’il espère (l'approche client) puisse ou non se réaliser par l’équipe.

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