Dogme de l'agilité: Les meilleures pratiques

Publié par Philippe Tremblay le lundi 9 juillet 2012 à 19:00

Cet article fait partie de la série sur Les dogmes de l'agilité

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Y a-t-il de mauvaises pratiques?  Aucun doute.

Y en a-t-il de meilleures que d’autres?  Bien évidemment.

Mais parmi les moins pires, ou les « meilleures », peut-on recommander l’une par rapport à l’autre sous le prétexte qu’elle est invariablement plus appropriée?

Comment dis-tu?  Ah, ton auteur préféré / la personne d’expérience de ton organisation / la sommité en ton domaine a recommandé cette pratique, donc c’est certainement la meilleure…

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C’est le genre de discussion qui a l’effet du jour de la marmotte tellement je l’ai entendu et vécu.  Il m’est probablement arrivé moi-même de tenir le discours qu’une pratique soit meilleure.  Point.

Alors quel est le problème me direz-vous.

Contexte

Ce fameux contexte.  Rien ne sert de courir.  Il sera toujours à vos trousses.  L’ignorer lorsque vous tentez de décider d’une pratique ou d’une autre serait comme de choisir ce que vous chausserez sans tenir compte de l’activité que vous faites.  Mettriez-vous les meilleures bottes d’hiver pour un périple parmi les orangs-outans à Bornéo?

Le contexte est capital pour une équipe désirant progresser vers une plus grande « agilité ».  Certaines bonnes pratiques reconnues pourraient avoir un tout autre impact sur une équipe qui ferait partie d’une organisation étant tout sauf agile, par exemple.

L’impraticabilité d’une bonne pratique dans un contexte défavorable pourrait au contraire nuire à l’évolution de l’équipe et de l’organisation.  Il est critique de savoir reconnaitre les barrières contextuelles actuellement présentes dans l’organisation.  Non pas pour les contempler, mais bien pour les ouvrir.

D’ici à ce que votre contexte soit favorable à une certaine pratique, il pourrait être nécessaire d’adopter une pratique intermédiaire menant à votre objectif.

Zone de confort

Au-delà des embûches que le contexte peut représenter dans la quête du Graal de la meilleure pratique, il y a une victime encore plus vulnérable à cette recherche insensée : l’expansion du royaume des possibilités.

Le fait d’établir une pratique comme étant généralement meilleure que les autres nous permet d’y trouver un certain réconfort.  Pourquoi chercher, alors que nous avons déjà trouvé la solution?

Pour cette raison :

Where _Magic _Happens

Référence: http://agileanarchy.tumblr.com/post/17153962597/your-comfort-zone-beautifully-expressed

Le raccourci intellectuel que représente la notion de « meilleure pratique » engendre inexorablement une réduction du domaine du possible.  Notre industrie, notre société, l’humanité tout entière cherchent à transformer les rêves d’aujourd’hui en réalité de demain.  L’évolution même est basée sur l’adaptation de nos pratiques et techniques.

Conclusion

Oubliez la notion de meilleure pratique!

Lorsqu’on vous proposera une solution ultime, questionnez là.  Cela ne signifie pas que vous devez rejeter les propositions dès qu’elles proviennent d’autrui.  Au contraire.  L’expérience par osmose est un magnifique catalyseur à notre propre vécu.

Le questionnement devrait plutôt vous amener à comprendre les principes, les bénéfices et les failles derrière ces « meilleures pratiques ».  Vous aurez ainsi acquis les connaissances nécessaires à l’élaboration d’alternatives et d’adaptations de ces meilleures pratiques afin d’adopter les meilleures solutions pour votre contexte actuel et futur.

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