La communication non-violente

Publié par Louis-Philippe Carignan le mercredi 24 avril 2013 à 15:50

Voici moi il y a quelques années: 

« Si tu n’écris pas tes tests avant ton code de production, ton code est à chier. »

J’entendais aussi cela des fois dans les équipes de développement sur lesquels j’étais assigné : 

« Tom est un mauvais programmeur » ou « Heille man, c’est à chier ce que tu fais »

Belle façon de communiquer non? Avec les années, cette façon de communiquer m’a mené plus d’une fois directement dans un mur. On m’a reproché à plusieurs reprises mon manque de tact et pour faire l’effort nécessaire afin de corriger ce défaut, j’ai découvert entre autre la communication non-violente

J’ai donc commencé à creuser le sujet pour apprendre à mieux communiquer sans blesser les autres. J’assistais aussi dernièrement à une réunion où les participants avaient reçu une formation sur ce sujet. Je pouvais voir que c’était difficile pour eux puisque c'était contre nature mais le message était mieux communiqué (à mon avis).  

En quelques lignes, la communication non-violente se décompose en trois parties :

  • Observations : Ce que j’observe ne contribue pas à mon bien-être.
  • Émotions : Comment je me sens face à ce que j’observe?
  • Besoins : Qu’est-ce que j’ai besoin pour me sentir mieux comme personne

Tout comme le fameux gabarit de la user story, on peut aussi se faire un gabarit pour la communication non-violente : 

« Quand je <observation>, je me sens <émotion> puisque j’ai <besoin>. ».

Une fois que ces trois étapes sont formulées en une phrase, on fait une requête à la personne et non une demande. Selon la communication non-violente, une demande est plutôt un ordre tandis qu’une requête peut-être refusée par l’autre. Je concède qu’en français, la nuance entre « demande » et « requête » n’est pas aussi claire qu’en anglais, langue dans laquelle la communication non-violente a été élaborée.

Remarquer aussi le « je » qui prédomine le gabarit ci-haut. La communication non-violente met l’accent sur le « je » puisqu’on y communique nos émotions, chose qui nous appartient. Je vous invite d’ailleurs à relire les exemples au début du billet. Le « tu » est présent tandis que le « je » est absent.

Après avoir pris connaissance de ce processus pour communiquer non-violemment, voici comment je réécrirais les phrases au début de mon billet.

  • Avant : Si tu n’écris pas tes tests avant ton code de production, ton code est à chier.
  • Après :
    • Approche #1 : J’ai peur pour la qualité de ton code si tu n’écris pas tes tests.
    • Approche #2 : Quand je ne vois pas de tests unitaires couvrir du code de production, j’éprouve un certain inconfort puisque je désire livrer de la qualité à mon client.
  • Avant : Tom est un mauvais programmeur.
  • Après
    • Approche #1 : Tom a livré 5 bogues dans l’itération.
    • Approche #2 : Quand je vois plusieurs bogues à la fin de l’itération, j’éprouve une certaine culpabilité envers le livrable puisque j’aime être fier de la qualité dans la livraison à la fin de l’itération.

En somme, je vous invite à vous documenter sur le sujet si vous désirez améliorer votre savoir-être. En technologie de l'information, on nous demande souvent d'améliorer notre savoir-faire mais pour communiquer ce savoir-faire à nos collègues, je pense qu'il faut aussi un savoir-être pour bien travailler en équipe. 

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